Vues et Convictions - avril 2021

Mardi 13 avril 2021

Market Insights

Comment investir dans une phase de hausse des taux d’intérêt ?

Alors que notre scénario pro-cyclique a commencé à se déployer comme prévu, les prévisions que nous avions faites en janvier pour la fin de l’année ont presque toutes été atteintes au bout de 3 mois. La plupart des prix des actifs risqués ont désormais retrouvé leur niveau d’avant-crise anticipant la sortie de la pandémie. Les facteurs de soutien ont été nombreux: les campagnes de vaccination permettant d’entrevoir une réouverture des économies, les banques centrales, les plans de relance fiscaux, la réouverture des économies le rebond des bénéfices des entreprises, la faiblesse extrême des taux réels et nominaux.

Certains de ces soutiens vont inévitablement se tarir au cours des prochains mois au fur et à mesure que les économies vont sortir de la pandémie. La hausse des taux longs, attendue plutôt en fin d’année, a déjà bien commencé. Mais ce qui rend les investisseurs nerveux n’est pas tellement la tendance haussière des taux, car elle reflète l’amélioration économique, mais la rapidité de leur remontée. Nous estimons que cette hausse des taux obligataires va se poursuivre dans les prochains mois mais à un rythme plus progressif.

Cette hausse des taux impacte les marchés d’actions car elle conduit à une compression des multiples de valorisation. Les jours où la hausse des actions était tirée par l’expansion des PER semblent ainsi terminés. Estce que la hausse des bénéfices des entreprises pourra remplacer ce facteur de soutien ? L’amplitude du rebond des bénéfices anticipé pour cette année ne s’est pas vu depuis 10 ans. Ce mouvement a propulsé les marchés boursiers vers de nouveaux sommets. Nous estimons que malgré cela il y a encore place pour des révisions supplémentaires à la hausse des bénéfices. Cela peut sembler optimiste. Mais, généralement, les analystes sous-estiment aussi bien la baisse des bénéfices dans une crise, que leur rebond lors d’une reprise économique. Certains secteurs comme la banque bénéficient d’ailleurs directement de la hausse des taux longs et de la pentification de la courbe des taux. Ce scénario est ainsi certainement optimiste, mais pas irréaliste.

Dans ce scénario, nos 3 thématiques d’investissement préférées sont les suivants: se repositionner sur les petites et moyennes capitalisations qui profitent le plus de la reprise cyclique en Europe, investir dans les « fallen angels » via les actions ou le crédit car elles vont bénéficier pleinement de la réouverture des économies, maintenir les investissements dans la transition énergétique, le Green Deal européen et les autres plans allant diriger pour plusieurs années les flux d’investissements vers ces entreprises pour diminuer drastiquement les émissions de CO2 d’ici 2030.

La remontée des taux d’intérêt constitue un changement majeur par rapport au régime antérieur. Une page se tourne ainsi et nous devons dorénavant apprendre à vivre avec des taux orientés à la hausse.

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25/02/2020 Market Insights

Vues et Convictions - janvier 2020

Moins de croissance mais des portefeuilles pro risque pour ce début d’année 2020La croissance mondiale devrait céder 0 2 pp en 2020 par rapport à 2019 pour atteindre 3 0 Ce ralentissement résulte principalement d’une baisse de la croissance dans la zone développée :- Une diminution concomitante de la croissance économique en Chine (+5,8% en 2020 contre 6,1%) et aux Etats Unis (1,6% attendu en 2020 contre 2,3% en 2019)*.- L’activité économique de la zone euro resterait stable en 2020 (+1,2%). La progression du PIB allemand augmenterait en 2020 compensant le ralentissement de l’économie espagnole.- La zone émergente ralentirait de manière moins visible en 2020. La croissance attendue pour les principaux pays émergents devrait atteindre 4,4% soit un niveau largement supérieur à celui prévu pour la zone développée (+1,3%).LIRE LA SUITE SUR LE PDF CI-DESSOUS

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27/03/2020 Market Insights

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Quantifier l’inquantifiable : impact économique, monétaire et financier du covid19Covid-19 : Apparu en Chine fin décembre 2019, le Covid-19 sévit désormais sur l’ensemble du globe. Après avoir entrainé l’arrêt complet de l’économie chinoise pendant plusieurs semaines (provoquant un effondrement de la production des entreprises et de la demande des ménages), c’est au tour des principales économies de faire face à la pandémie.Les banques centrales mobilisent tous leurs instruments de politique monétaire : Les grandes banques centrales sont intervenues successivement pour soutenir les économies frappées de plein fouet par la crise sanitaire qui a entraîné le blocage des appareils de production. En toute logique, la PBoC a assoupli sa politique monétaire dès février en mobilisant plusieurs outils de manière simultanée pour soutenir les entreprises.Une très forte mobilisation des politiques budgétaires. L’intervention des seules banques centrales, aussi massive et rapide soit-elle, aurait été insuffisante pour faire face à la dépression économique induite par la crise sanitaire. Afin de limiter l’impact sanitaire, les gouvernements ont progressivement emboité le pas à la Chine en confinant leur population. Ces mesures d’urgence réduisant l’activité économique ont été assorties de plans de sauvegarde des entreprises.LIRE LA SUITE SUR LE PDF CI-DESSOUS

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16/07/2020 Market Insights

Vues et Convictions - juillet 2020

Vers une reprise chaotique ?Crise sanitaire : avec plus de 10 millions de personnes testées positives à la Covid-19, la pandémie partie de Chine aura fait à ce jour plusieurs centaines de milliers de victimes contraignant un grand nombre de pays à la fermeture totale ou partielle de leur économie. Plusieurs mesures ont été décidées afin de permettre une normalisation progressive de la situation. Ces mesures, bien que temporaires, ne seront pas sans conséquence sur le rythme de la reprise à court terme d’une part et sur la productivité du travail d’autre part questionnant même la pérennité de pans entiers de nos économies (transports, tourisme, services).Récession généralisée : la crise a entraîné de manière quasi simultanée l’ensemble des économies dans une violente et profonde récession. La contraction de l’activité au niveau mondial devrait atteindre -3,4% en 2020. La zone développée verrait son activité diminuer de 6,9% (une récession aussi forte voire plus sévère que celle observée durant la seconde guerre mondiale ou la grande dépression de 1929) tout comme les économies émergentes (-0,5% malgré une économie chinoise qui progresse de +1%). Le rebond de l’activité escompté en 2021 ne sera pas de nature à effacer la perte enregistrée en 2020 en particulier dans la zone développée. Le PIB des pays avancés ne progresserait que de +5,3% et les risques de séquelles profondes sur le potentiel de croissance sont manifestes.Les arbres ne montent pas au ciel mais le bilan des banques centrales et l’endettement des Etats oui. Face à l’urgence économique, les gouvernements n’ont pas hésité à recourir à la politique budgétaire pour colmater les fissures provoquées par la crise de la Covid-19 (dépenses de soutien, mesures de chômage partiel et garanties de prêts). Les déficits budgétaires ont en moyenne bondi de 10 à 15 pts de PIB augmentant de fait et du même montant les ratios dette/PIB. Ce recours, illimité et sans dommage jusqu’à présent, au feu budgétaire n’a été possible qu’avec l’aide des banques centrales qui assument désormais de monétiser la dette des Etats. Les bilans de la Fed et de la BCE atteignent respectivement 7500 Mds $ et 5500 mds €, soit un doublement depuis le début de l’année notamment pour la Fed.LIRE LA SUITE SUR LE PDF CI-DESSOUS