Vues et Convictions - mai 2021

Jeudi 27 mai 2021

Market Insights

L’inflation a remplacé le COVID comme principal sujet d’inquiétude des investisseurs

En dépit du fait que les banques centrales tentent depuis plusieurs années de relancer en vain une inflation trop basse, l’inflation a soudainement supplanté le COVID comme principale préoccupation des investisseurs. Depuis quelques semaines, les anticipations d’inflation se sont en effet considérablement renforcées. Est-ce que nous sommes à l’aube d’un changement du régime d’inflation ?

Les banquiers centraux et les économistes tentent de nous rassurer. La hausse de l’inflation serait transitoire due à un effet de base violent du pétrole qui a rebondi de 160 % depuis le creux de mars 2020. Une fois ce pic passé, l’inflation devrait à nouveau retrouver un rythme de progression bien inférieur aux objectifs des banques centrales.

Notre hypothèse centrale est un rebond puissant de la croissance. Pendant la dernière décennie, les prévisionnistes ont, à chaque sortie de récession, systématiquement surestimé la croissance. Aujourd’hui, il nous semble que nous sommes dans la situation inverse : le « risque » est plutôt que le redémarrage de la croissance soit sous-estimé.

L’économie mondiale est entrainée par un stimulus fiscal et monétaire jamais observé dans l’histoire économique sauf après une guerre. Le taux d’épargne des ménages est au plus haut de tous les temps. Les dépenses d’investissement des entreprises ont été faibles au cours de la dernière décennie, ce qui permet de prévoir un rebond significatif. La demande, qui est d’ordinaire plutôt faible en sortie de récession, est donc au rendez-vous. Mais, cette fois-ci, c’est l’offre qui a du mal à suivre. Des goulets d’étranglement apparaissent un peu partout (semiconducteurs, métaux rares, bois de construction, …). Alors qu’en temps de guerre l’appareil de production est détruit, la pandémie a juste perturbé les chaînes de production qui étaient conçues pour fonctionner en flux tendus. Le retour à la normale devrait s’opérer assez rapidement.

Un retour durable de l’inflation serait de la dynamite pour les marchés financiers. Les investisseurs commencent à se méfier de la communication « dovish » des banques centrales. Les breakevens d’inflation montent et les anticipations de hausse des taux directeurs s’amplifient. Les secteurs et valeurs qui avaient le plus bénéficié de l’abondance des liquidités, en particulier les valeurstechnologiques, commencent à se retourner.

Nous anticipons que le rythme de progression de l’inflation va ralentir dans les prochains mois après le passage du pic de juin. Les goulets d’étranglement apparus dans les chaînes de production vont finir par se résorber sans trop tarder. A court terme, nous recommandons la prudence. Mais il faut garder le cap : les marchés recèlent encore de belles opportunités d’investissement dans les valeurs cycliques, celles très touchées par la pandémie, les petites et moyennes valeurs et les valeurs de rendement. Il faudra veiller à intégrer des stratégies de protection dans la construction des portefeuilles.

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25/02/2020 Market Insights

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Moins de croissance mais des portefeuilles pro risque pour ce début d’année 2020La croissance mondiale devrait céder 0 2 pp en 2020 par rapport à 2019 pour atteindre 3 0 Ce ralentissement résulte principalement d’une baisse de la croissance dans la zone développée :- Une diminution concomitante de la croissance économique en Chine (+5,8% en 2020 contre 6,1%) et aux Etats Unis (1,6% attendu en 2020 contre 2,3% en 2019)*.- L’activité économique de la zone euro resterait stable en 2020 (+1,2%). La progression du PIB allemand augmenterait en 2020 compensant le ralentissement de l’économie espagnole.- La zone émergente ralentirait de manière moins visible en 2020. La croissance attendue pour les principaux pays émergents devrait atteindre 4,4% soit un niveau largement supérieur à celui prévu pour la zone développée (+1,3%).LIRE LA SUITE SUR LE PDF CI-DESSOUS

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27/03/2020 Market Insights

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Quantifier l’inquantifiable : impact économique, monétaire et financier du covid19Covid-19 : Apparu en Chine fin décembre 2019, le Covid-19 sévit désormais sur l’ensemble du globe. Après avoir entrainé l’arrêt complet de l’économie chinoise pendant plusieurs semaines (provoquant un effondrement de la production des entreprises et de la demande des ménages), c’est au tour des principales économies de faire face à la pandémie.Les banques centrales mobilisent tous leurs instruments de politique monétaire : Les grandes banques centrales sont intervenues successivement pour soutenir les économies frappées de plein fouet par la crise sanitaire qui a entraîné le blocage des appareils de production. En toute logique, la PBoC a assoupli sa politique monétaire dès février en mobilisant plusieurs outils de manière simultanée pour soutenir les entreprises.Une très forte mobilisation des politiques budgétaires. L’intervention des seules banques centrales, aussi massive et rapide soit-elle, aurait été insuffisante pour faire face à la dépression économique induite par la crise sanitaire. Afin de limiter l’impact sanitaire, les gouvernements ont progressivement emboité le pas à la Chine en confinant leur population. Ces mesures d’urgence réduisant l’activité économique ont été assorties de plans de sauvegarde des entreprises.LIRE LA SUITE SUR LE PDF CI-DESSOUS

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16/07/2020 Market Insights

Vues et Convictions - juillet 2020

Vers une reprise chaotique ?Crise sanitaire : avec plus de 10 millions de personnes testées positives à la Covid-19, la pandémie partie de Chine aura fait à ce jour plusieurs centaines de milliers de victimes contraignant un grand nombre de pays à la fermeture totale ou partielle de leur économie. Plusieurs mesures ont été décidées afin de permettre une normalisation progressive de la situation. Ces mesures, bien que temporaires, ne seront pas sans conséquence sur le rythme de la reprise à court terme d’une part et sur la productivité du travail d’autre part questionnant même la pérennité de pans entiers de nos économies (transports, tourisme, services).Récession généralisée : la crise a entraîné de manière quasi simultanée l’ensemble des économies dans une violente et profonde récession. La contraction de l’activité au niveau mondial devrait atteindre -3,4% en 2020. La zone développée verrait son activité diminuer de 6,9% (une récession aussi forte voire plus sévère que celle observée durant la seconde guerre mondiale ou la grande dépression de 1929) tout comme les économies émergentes (-0,5% malgré une économie chinoise qui progresse de +1%). Le rebond de l’activité escompté en 2021 ne sera pas de nature à effacer la perte enregistrée en 2020 en particulier dans la zone développée. Le PIB des pays avancés ne progresserait que de +5,3% et les risques de séquelles profondes sur le potentiel de croissance sont manifestes.Les arbres ne montent pas au ciel mais le bilan des banques centrales et l’endettement des Etats oui. Face à l’urgence économique, les gouvernements n’ont pas hésité à recourir à la politique budgétaire pour colmater les fissures provoquées par la crise de la Covid-19 (dépenses de soutien, mesures de chômage partiel et garanties de prêts). Les déficits budgétaires ont en moyenne bondi de 10 à 15 pts de PIB augmentant de fait et du même montant les ratios dette/PIB. Ce recours, illimité et sans dommage jusqu’à présent, au feu budgétaire n’a été possible qu’avec l’aide des banques centrales qui assument désormais de monétiser la dette des Etats. Les bilans de la Fed et de la BCE atteignent respectivement 7500 Mds $ et 5500 mds €, soit un doublement depuis le début de l’année notamment pour la Fed.LIRE LA SUITE SUR LE PDF CI-DESSOUS